| Glossaire - Identité Culturelle |
|
|
Page 3 de 9 Identité CulturelleDans le Traité sur l’Union européenne (UE), le concept d’identité est utilisé en relation avec celui d’ « identité européenne » (Préambule), censée alimenter un sens commun d’appartenance des citoyens européens. En même temps, on nous rappelle que les identités nationales des États membres de l’Union doivent également être respectées. Les concepts d’identité européenne et d’identité nationale s’appuient tous deux sur une variété de pratiques et d’expressions sociales et politiques, mais surtout culturelles qui, à leur tour, découlent de ce que l’on suppose être une expérience, une mémoire et une tradition partagées. Dans ce contexte, l’identité est principalement perçue comme stable, collective et cohérente. Elle est alors définie par opposition à ce qui se situe à l’extérieur de cette notion supposément acceptée par toute une communauté, qu’il s’agisse d’un État-nation ou de l’UE. Une vision critique du concept, telle qu’elle apparaît dans la théorie critique, suggère que l’identité culturelle a toujours été construite ou inventée à travers des récits, des symboles et d’autres formes de représentation, s’appuyant sur des systèmes sous-jacents comme le langage, le caractère ethnique, la religion, le patrimoine, l’histoire, ... Ces mécanismes se retrouvent d’ailleurs dans le développement et l’auto-définition des États-nations ainsi que dans le projet de créer et d’entretenir une « identité (culturelle) européenne », afin d’assurer la cohésion de l’Union politique. Par conséquent, l’identité ne peut donc pas être considéré comme une catégorie primordiale mais doit plutôt être comprise comme un processus de construction. Elle doit être perçue comme un concept en crise, douteux au niveau de la promotion de l’essentialisme et de l’universalisation. Cette vision a par ailleurs engendré une révision critique de « l’identité politique » des minorités ou des groupes victimes de discrimination à partir de la fin des années 60 (sans négliger pour autant leur lutte pour les droits politiques). Aujourd’hui, on préfère parler d’identités « hybrides », « multiples » et « fluides », en référence aux mouvements migratoires et à la possibilité de choisir individuellement sa propre identité par le biais d’une adhésion à un groupe social ou à un mode de vie. Dans le débat sur l’identité culturelle au sein de l’Union européenne, c’est la peur de la « perte d’identité » qui prime ; une perte d’identité due à une harmonisation politique ou à la globalisation. La protection de la diversité culturelle est donc invoquée pour empêcher cette « perte d’identité » ; argument qui sous-tend par exemple la doctrine de « l’exception culturelle ». Le concept d’identité culturelle tel qu’utilisé dans ce contexte ne tient toutefois nullement compte des changements fondamentaux survenus au sein des sociétés contemporaines, comme les migrations ou l’évolution technologique. Dans ce nouveau contexte, l’identité culturelle n’est pas figée mais au contraire doit être sans arrêt re-négociée et remise en question par des processus de différenciation et d’individualisation. |