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70 Centimes pour la Culture Imprimer
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Campagne 70 centimes pour la Culture


Lors de la conférence "Une âme pour l’Europe" organisée à Berlin les 26 et 27 novembre 2004, le président Barroso avait soutenu avec conviction l'idée que la culture devait être un élément indispensable à une Union en pleine expansion. Rebondissant sur cette idée, Culture Action Europe (alors Forum européen pour les Arts et le Patrimoine) et la Fondation Européenne de la Culture lancèrent la campagne 70 centimes pour la Culture qui avait pour objectif d’augmenter le budget du Programme Culture de l'UE en le faisant passer de 7 centimes par citoyen par an à 70 centimes par citoyen par an.

Cette initiative a rapidement suscité l'intérêt des différents groupes politiques du Parlement européen. Les parlementaires européens de la Commission Culture ont alors envoyé une lettre au président Barroso et au Premier ministre Juncker soutenant notre initiative. Lors du lancement officiel de la campagne au Parlement européen en mars 2005, des leaders politiques du Parlement, le Commissaire pour la Culture Jan Figel’ et de nombreuses organisations culturelles ont soutenu la campagne avec enthousiasme.

70 centimes pour la Culture a reçu une grande attention des médias (presse écrite, radio, TV, publication en ligne) partout en Europe. La presse s’est surtout intéressée aux différences criantes existant entre l’importance que les Européens accordent à la culture dans le processus d’intégration européenne et l’investissement concret en matière de culture à l’échelle européenne. Beaucoup d’articles ont comparés budgets nationaux et européens pour illustrer cet écart entre les ambitions européennes et les moyens financiers disponibles. Vingt-quatre articles ont été publiés en Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, France, Pays-Bas, Portugal et Suède.

Les Ministres de la Culture des 25 États membres de l’UE ont également reçu une lettre, afin d’influencer leur décision sur le financement du programme Culture 2007. Certains ministres ont répondu à cette lettre en reconnaissant la nécessité pour l’UE de disposer de moyens financiers adéquats pour poursuivre ses ambitions politiques.

La promotion de la campagne ainsi que la signature du manifeste ont été relayées par de nombreuses newsletters, sites Internet et conférences. Un certain nombre d’organisations, comme le Centro Nacional de Cultura de Lisbonne, Kunsten92 d’Amsterdam, ou encore le Centre Multiculturel de Prague, ont organisé leurs propres événements publics autour de la campagne.

La campagne a également reçu le soutien de plus de 1 300 personnes et de nombreuses organisations. Parmi les signataires les plus connus, on peut citer: la Princesse Margriet des Pays-Bas, Pedro Almodóvar (réalisateur), Jean-Jacques Beneix (réalisateur), Jacques Delors (ancien Président de la Commission européenne), Günter Grass (auteur), Catherine Lalumière (ancienne Secrétaire Générale du Conseil de l’Europe), Pierre Moscovici (Vice Président du Parlement européen), ainsi que plusieurs autres membres du Parlement Européen tels que Adolf Muschg (auteur et Président de l’Académie allemande des Arts) et Richard von Weizsäcker (ancien Président allemand).

La campagne s'est poursuivie lors de la première lecture du programme au Parlement européen. Sous la direction du rapporteur Vasco Graça Moura (député conservateur portugais), la Parlement a voté en juin pour un budget-programme de l’ordre de 600 millions d’euros, ce qui aurait amené à 19 centimes la dépense culturelle européenne par citoyen et par an. Or, l’adoption finale d’un programme Culture revu à la hausse dépendait de l’approbation du budget général de l’Union pour 2007-2013 par les différents gouvernements nationaux.

Or, les négociations avaient brusquement été interrompues à la fin de la présidence luxembourgeoise (juillet 2005) et n’avaient pas été reprises avant que la présidence britannique ne soit largement entamée. Avant le Conseil européen des 15 et 16 décembre 2005, une lettre ouverte fut envoyée à tous les Chefs d’Etat ou de gouvernement de l’UE pour leur demander instamment de rejeter la proposition britannique de réduire le budget de la culture. Malheureusement, la position finale du Conseil fut très décevante, puisqu’il s’est prononcé en faveur d’un budget pour la culture encore plus réduit que le budget du programme Culture 2000 (à savoir moins de 34 millions d’euros par an).

En janvier 2006, le Parlement européen a rejeté la proposition du Conseil de décembre, dans l'espoir de trouver un accord plus proche de la position qu’il avait adopté en juin 2005. L'objectif de notre campagne était alors de s'assurer qu'en plus des autres questions à l'ordre du jour, les parlementaires européens défendraient également le budget culturel.

Au final, l'issue des négociations budgétaires se rapproche de la proposition initiale de la Commission, c’est-à-dire 400 millions d'euros pour les perspectives financières 2007-2013, ce qui représente environ 13 centimes pour la culture par citoyen et par an. Les 70 centimes visés par la campagne étaient bien sûr symboliques. Pourtant, compte tenu des réductions drastiques voulues par le Conseil au cours des négociations et des pertes réellement essuyées par beaucoup d'autres programmes, la campagne 70 centimes pour la Culture a sans aucun doute contribué à influencer le résultat final des négociations.
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