| Glossaire - Transversalité |
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Page 8 de 9 TransversalitéTirée de la théorie de Gilles Deleuze/Félix Guattari et de Michel Foucault, la transversalité décrit la traversée des frontières dans un sens géographique et politique, ainsi que des limites de domaines ou de disciplines distincts. En raison de sa transversalité, le secteur culturel peut être tenu pour exemplaire lorsqu’il s’agit d’élaborer des réalités et des concepts nouveaux à l’heure de l’élargissement de l’UE et des développements économiques et sociaux actuels. Tout d’abord, la transversalité en tant que concept laisse le discours national derrière elle. La collaboration transnationale multilatérale rompt avec la logique de la coopération et de l’échange bilatéraux, qui avait tendance à dominer l’action culturelle. Elle crée de nouvelles structures de collaboration qui vont au-delà des liens et des hiérarchies existants. Les programmes en faveur de la culture qui soutiennent ces nouvelles pratiques transnationales doivent tenir compte du fait que souvent, elles sont beaucoup plus complexes, risquées et coûteuses, et que par conséquent, elles exigent un soutien financier et administratif approprié. Ensuite, outre la notion « d’interdisciplinarité », aujourd’hui un lieu commun dans le secteur culturel, la transversalité renvoie aux activités transsectorielles qui dépassent la simple coopération et la combinaison de différentes disciplines artistiques, par exemple le théâtre et les arts visuels. En lieu et place, une coopération et un travail en réseau entre différents secteurs (éducation, politique, science et culture) se développent. Elles permettent l’ouverture de nouveaux espaces de connaissance et de pratiques. Lorsque l’on parle de la transversalité de la culture, il ne s’agit nullement de se cantonner à la fonction instrumentale que peut avoir le secteur culturel dans divers autres domaines, mais d’explorer les pratiques inédites qui sont négociées et produites en transgressant les barrières disciplinaires. La qualité transversale du secteur culturel, telle qu’elle est mentionnée dans la clause 4 de l’article 151, ou encore telle qu’elle apparaît dans les subventions à la culture dans le cadre des fonds structurels, ne doit pas être confondue avec une possibilité d’instrumentalisation ou une simple justification de la culture dans ses différents contextes. Au contraire, les nouvelles formes d’organisation transversale et de travail en réseau peuvent servir de modèles dans d’autres secteurs. Qui dit politique culturelle dit travailler avec une conception élargie et transversale de la culture. Remettant en cause les concepts réducteurs, unidimensionnels ou particularisateurs, les pratiques transversales ne représentent pas des (sous-)cultures isolées, particulières : bien au contraire, elles traversent de nombreuses situations au sein d’une mosaïque de minorités. La multitude de structures transversales, les formes multiples d’initiatives, de réseaux et d’organisations culturels en Europe doivent être soutenues pour ne pas céder aux pressions de l’homogénéisation et de la particularisation. |