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Réflexions sur les défis de la société actuelle et quelles réponses la culture peut offrir Imprimer

Dans son livre The Disturbing Guest*, le philosophe italien Umberto Galimberti affirme que les jeunes d'aujourd'hui sont confrontés à la présence de ce qu'il appelle un "nouvel invité": le nihilisme. Il pense que le malaise des jeunes n'est pas d'origine psychologique mais uniquement culturelle. En effet, il écrit que "les remèdes élaborés par notre culture semblent être inefficaces, tant dans leur version religieuse – puisque Dieu est incontestablement mort – que dans la version du siècle des Lumières – puisque ce n'est apparemment pas la raison qui régit les relations entre les être humains à notre époque. Il ne reste donc que la "raison instrumentale", qui assure le progrès technique mais qui, étant donné le manque de réflexion et la stérilité des sentiments, ne suffit pas à élargir nos horizons sur ce qui a du sens."

 

Ce livre est parfois alarmant, car si notre société n'est pas en mesure de fournir aux jeunes les instruments dont ils ont besoin pour donner un sens à leur vie, il s'ensuit que le monde, tel que nous le connaissons, court à la catastrophe. Mais, comme l'explique U. Galimberti, les être humains ont toujours éprouvé le besoin de donner un sens à leur vie et au monde qui les entoure. Il semble dès lors que nous soyons aujourd'hui dans une situation où les être humains ont besoin de "sens", mais ne sont plus, à l'heure actuelle, capables d'en créer.

 

Si cette "maladie" est culturelle, c'est aussi dans la culture qu'il faut chercher la solution. Cela signifie, d'une part, le besoin d'engendrer un processus de rénovation et, d'autre part, de développer la capacité des individus à donner un nouveau sens à leur vie. Mais la principale question demeure: comment y parvenir? Selon Galimberti, la réponse se trouve dans la philosophie grecque ancienne qui cherche à donner un sens à nos vies par le "se connaître soi-même" et par la compréhension de "l'art de vivre".

 

Cependant, s’il s’agit d’une possible solution, comment la mettre en pratique et par qui? En réalité, il devrait s'agir d'un effort collectif, dont la principale responsabilité incombe au système lui-même, qui doit pouvoir offrir à notre société de nouveaux instruments culturels. Pour ce faire, il est essentiel de donner à la culture un sens politique, si par "politique" on entend les affaires de l'Etat, et donc du gouvernement. Il en découle que la culture, également entendue comme un "apport de connaissance", fait partie intégrante non seulement de "l'art de gouverner", mais aussi de la "citoyenneté". Tous deux sont en effet nécessaires pour modeler une société, conçue comme un système, qui ne se contente pas seulement de donner du sens, mais qui a du sens, offrant ainsi aux individues la possibilité de mener à bien leur vie, et donc de s’épanouir.

 

Mercedes Giovinazzo, Présidente du Comité exécutif de Culture Action Europe

 

*Galimberti, U., L’ospite inquieto: il nichilismo e i giovani, Serie Bianca Feltrinelli, 2007