Chers lecteurs, Après avoir changé de nom et lancé notre nouveau site Internet, nous sommes heureux de vous présenter le tout premier numéro de la newsletter de Culture Action Europe! Dans la continuité des thèmes de notre changement d’image (accessibilité et engagement), nous allons également développer cet outil de communication, afin de s'assurer que tous les acteurs de la scène culturelle européenne soient tenus au courant des débats culturels européens et reçoivent les informations nécessaires pour influencer les processus politiques. Notre newsletter va de paire avec notre site Internet, donc n'hésitez pas à surfer régulièrement sur cultureactioneurope.org pour y consulter notre glossaire, lire les dernières nouvelles et suivre nos activités. L'équipe de Culture Action Europe
23-25 octobre 2008 – A vos agendas! Culture Action Europe / FEAP vous invite à Marseille… Nous avons le plaisir de vous annoncer que notre 16e Assemblée générale et conférence annuelle auront lieu à La Friche La Belle de Mai, à Marseille, du 23 au 25 octobre. Grâce au soutien de partenaires institutionnels et culturels locaux, nous amènerons les débat culturels européens sur les rives de la Méditerranée afin d’élargir nos horizons : comment approfondir le dialogue culturel européen afin d'y inclure tous les acteurs concernés, ainsi que nos voisins méditerranéens? Une présentation des thèmes de la conférence est disponible ici. Toutes les informations pratiques nécessaires seront bientôt publiées sur notre site et les inscriptions seront ouvertes au mois d'août.
AGENDA EUROPEEN POUR LA CULTURE Les ministres européens de la Culture détaillent leur programme de travail et précisent le calendrier de la MOC
Le Conseil Education, Jeunesse et Culture s'est réuni à Bruxelles les 21 et 22 mai derniers. Sous la houlette de M. Simoniti, Ministre slovène de la Culture, le Conseil a adopté des conclusions sur les compétences interculturelles. Le Conseil a également détaillé son programme de travail pour 2008-2010, offrant une vision plus claire des différents groupes de travail et du calendrier de la Méthode Ouverte de Coordination ; visant à améliorer la collaboration intergouvernementale des Etats membres dans le domaine des politiques culturelles. Maintenant que le programme de travail a été publié, tous les acteurs de la société civile espèrent qu’il sera mis en oeuvre de façon transparente! Selon le programme de travail du Conseil, les groupes de travail de la Méthode Ouverte de Coordination se concentreront, au cours des trois prochaines années, sur :
- La mobilité des artistes et autres professionnels
- La mobilité des collections
- Une plus grande synergie entre la culture et l'éducation
- Le groupe de travail EUROSTAT sur la culture
- Les industries culturelles et créatives
Le programme de travail fournit également de plus amples informations sur les calendriers et objectifs des groupes de travail, ainsi que sur les différentes études prévues par la Commission européenne pour accompagner le processus. Le succès de la MOC dépendra, bien entendu, de l'engagement des Etats membres à partager activement l’information, à comparer leurs situations respectives et à coopérer de façon productive. Parallèlement à cela, les organisations de la société civile élaboreront, dans le cadre des "plateformes du dialogue structuré" (voir article suivant), des recommandations qui seront rendues publiques lors du Forum culturel 2009 de mi-parcours.
Deux nouvelles plateformes thématiques de la société civile créées sous les auspices de la Commission européenne Suite à un appel à manifestations d'intérêt, la Commission européenne a sélectionné respectivement 39 et 33 organisations pour participer aux réunions constitutives des deux nouvelles plateformes sur l’accès à la culture et les industries créatives. Seules les organisations culturelles non gouvernementales ayant une dimension transnationale ou européenne ont été sélectionnées. La Commission avait fixé des objectifs très précis: la structure de gouvernance des deux plateformes ainsi que les principaux thèmes de travail devaient impérativement être décidés au terme des deux réunions constitutives.
Le choix des structures de gouvernance s’est fait plus facilement pour la première plateforme sur l’accès à la culture (qui a déjà mené les débats indépendamment de la Commission l’après-midi) que pour la plateforme sur les industries créatives. Pour la première, malgré des intérêts spécifiques divergents, la volonté commune de s’engager dans la plateforme s’est imposée. Pour la seconde, en revanche, la divergence entre les différents intérêts était plus marquée et a retardé la décision quant à la gouvernance, finalement prise à la toute dernière minute. La première plateforme, consacrée à "l'accès à la culture", sera présidée par Mercedes Giovinazzo, d'Interarts, avec le soutien administratif de l'Association Européenne des Festivals. La seconde plateforme, consacrée aux "industries culturelles", sera quant à elle présidée par le Forum Européen pour les Politiques Architecturales, avec le soutien administratif du Bureau Européen de la Musique. Chacune des plateformes sera dotée d'un comité de pilotage composé des présidents des groupes de travail. Culture Action Europe avait organisé une réunion préparatoire avec ses membres participant aux plateformes et ceux-ci ont formé des sous-groupes remarquablement actifs lors des deux réunions. Culture Action Europe sera représenté dans les comités de pilotage des deux plateformes, tout en maintenant son rôle de leader au sein de la Plateforme pour le Dialogue Interculturel (voir ci-après).
Les tours de table, au cours desquels chaque organisation pouvait exposer ses priorités, a permis de constituer les groupes de travail suivants :
Trois groupes de travail pour la plateforme "accès à la culture":
- "Création/production"
- "Participation/public"
- "Apprentissage/éducation"
Cinq groupes de travail pour la plateforme "industries culturelles":
- "Environnement réglementaire"
- "Soutien au développement des PME"
- "Echanges/export"
- "Exploitation de la dimension européenne de la circulation des artistes et des biens culturels"
- "Interface entre la création artistique et les industries culturelles".
Pour consulter la liste des organisations participantes : accès à la culture et industries culturelles. Pour lire l'appel à manifestations d'intérêt de la Commission européenne. Pour plus d'informations, consultez notre page Agir consacrée à l'Agenda européen de la culture.
DIALOGUE INTERCULTUREL ET RAINBOW PLATFORM Étape décisive et ambitions pour le futur:
Réunion de la Rainbow Platform le 4 juin 2008 Le 4 juin dernier fut une journée importante pour la Plateforme de la Société Civile pour le Dialogue Interculturel. Quelque 70 représentants d'organisations de la société civile issus des quatre coins d'Europe se sont réunis pour analyser et exploiter au maximum les résultats de la consultation en ligne sur le Rainbow Paper II. La journée s'articulait en différentes séances et groupes de travail qui, aidés par des experts et des rapporteurs, ont affiné le texte du Rainbow Paper II. Les précieuses contributions de la consultation en ligne (25 avril – 13 juin) et de la réunion du 4 juin sont désormais entre les mains du rédacteur final. Le document définitif sera ensuite soumis à la signature d’organisations de la société civile avant d'être présenté lors de l'événement de clôture de l'Année européenne du dialogue interculturel.
Les grandes réussites de la journée:
- La Rainbow Platform a été reconnue comme une interface incontournable entre la société civile et les institutions européennes.
- La rédaction de la version finale du Rainbow Paper II a été confiée à un rédacteur.
- La possibilité d'un futur financement de la plateforme a été confirmée par la Commission.
- Culture Action Europe a confirmé son engagement à accueillir la Plateforme (et Sabine Frank à la coordonner).
La réunion a également permis de faire le point sur les résultats atteints par la Plateforme à ce jour et sur les possibilités pour l'avenir. En outre, la Plateforme a été identifiée comme l'une des composantes essentielles du dialogue structuré avec les institutions européennes, ce qui a d'ailleurs été confirmé par la forte présence de la Commission européenne lors de l'événement et par les bonnes nouvelles concernant la possibilité d'un financement européen pour la Plateforme.
Les points faibles de la version actuelle du Rainbow Paper ont été identifiés comme suit :
- Nature vague et imprécise
- Manque de recommandations fortes, "provocatrices" et concrètes de la part du secteur
- Réponses du secteur trop larges, entravant ainsi la compréhension des termes et des objectifs
- Manque de cohérence entre les recommandations concernant le travail sur le terrain (pratique) et celles qui s'appliquent au niveau décisionnel ou institutionnel.
Quoi qu'il en soit, il est évident que la Plateforme est prise au sérieux par les institutions européennes et que, comme l'a souligné la Commission lors d'une intervention informelle, c'est justement cette nature très complexe de la Plateforme qui la rend si intéressante et précieuse aux yeux des décideurs politiques européens. Enfin, la nature expérimentale de la Plateforme a été oralement reconnue par la Commission, qui soutient pleinement notre travail.
D'un autre côté, il a également été admis que :
- Premièrement, le Rainbow Paper contient déjà un grand nombre d'idées utiles, mais ces idées doivent être formulées de façon plus percutante.
- Deuxièmement, la rédaction du Rainbow Paper doit être confiée à une personne qualifiée, afin de conférer au document un ton à la fois provocateur et réaliste.
- Troisièmement, les ateliers ont permis de clarifier certains points particulièrement utiles pour la prochaine étape du Rainbow Paper. Ces clarifications portaient essentiellement sur la nature intersectorielle du travail, la nécessité de développer l'apprentissage sur le terrain et notre engagement à la recherche et à l'apprentissage.
Les prochaines étapes sont bien sûr la reformulation du Rainbow Paper et le lancement d'un processus de ratification. De plus amples informations seront publiées à ce propos sur le site Internet de la Rainbow Platform au cours des prochaines semaines. La prochaine réunion de la Plateforme aura lieu du 12 au 14 novembre à Stockholm.
Les trois Plateformes thématiques (dont la Rainbow Platform fait partie) constituent une étape déterminante de notre combat pour une plus grande participation de la société civile européenne à l'élaboration des politiques culturelles. Leur développement est encore incertain, tout comme l'impact qu'elles peuvent espérer avoir. Comme le rappelait Sabine Frank lors de la réunion, il n’existe toujours pas de groupe de travail dans le cadre de la MOC qui puisse jouer le rôle d’interlocuteur direct pour la Rainbow Platform ou de voie toute tracée pour l'application des recommandations. Il s'agit d'un projet en constante évolution, et plus les plateformes sont claires et précises (ou, comme le disait Gottfried Wagner de la FEC, provocatrices), plus elles seront susceptibles d’atteindre des résultats.
Nous avons réussi à créer une plateforme et à être reconnus. Il faut maintenant donner vie à nos idées.
COMMISSION EUROPEENNE Infoday sur le Programme, Bruxelles, 24 juin:
300 opérateurs culturels pour se partager 45 millions d’euros en 2008 Lors de l’Infoday sur le Programme Culture et sur sa mise en oeuvre en 2008, la Commission Européenne est revenue sur le contexte politique du programme, ses objectifs et les différentes formes de soutien. Le Directeur pour la Culture, Vladimir Sucha, entama les débats en appelant les participants à intégrer leurs demandes de financement au contexte politique plus large illustré par l’Agenda européen pour la culture. Des informations sur les améliorations apportées aux procédures de demande et de sélection ont ensuite été données.
Pour les projets pluriannuels et les actions de coopération, la bonne nouvelle est la possibilité de soumettre dorénavant les projets en ligne avec des budgets estimatifs automatisés et une période de sélection passant de 9 à 6 mois. Pour les subventions de fonctionnement, les améliorations pratiques concernent également une réduction du délai de soumission (qui reste sous format papier en 2008), une demande de subvention basée sur le nombre (potentiel) d’employés (une alternative au financement actuel basé sur la totalité du budget) et des subventions octroyées unilatéralement (par la Commission) plutôt que bilatéralement ce qui devrait facilité les paiements anticipés. La Commission pense également réussir à convaincre à la fois le Conseil et le Parlement Européen à renoncer à leur droit de regards sur les organisations sélectionnées par elle. Dans ce cas, la procédure de sélection serait réduite de 6 semaines. Une nouvelle catégorie d’organisations a également été introduite pour les subventions de fonctionnement : « les structures de soutien à l’Agenda culturel ». Il s’agit des observatoires culturels, des départements culturels des universités et des plateformes thématiques du « dialogue structuré » entre la société civile et les institutions européennes. Pour elles, une dérogation a été accordée en ce qui concerne la durée d’existence légale normalement prérequise (réduite de 2 à 1 an pour les réseaux et de 10 à 5 ans pour les festivals).
Pour plus d’information sur la journée et les appels à propositions à venir, cliquez sur : http://eacea.ec.europa.eu/culture/infoday_2008_fr.htm Pour le guide du Programme Culture et les formulaires, cliquez sur : http://eacea.ec.europa.eu/culture/index_fr.htm
Étude du KEA commandée dans la perspective de l’Année européenne de la Créativité et de l’Innovation La Commission européenne a chargé KEA European Affairs de réaliser une étude sur la contribution de la culture et de la créativité individuelle et collective. Cette étude portera essentiellement sur les différentes façons de promouvoir le rôle spécifique des créateurs et des industries de la création dans la stimulation de la créativité individuelle et de l’innovation sociale. Les recommandations politiques basées sur cette recherche seront intégrées au rapport prévu pour février 2009, en début de l'Année européenne de la Créativité et de l'Innovation.
L'Année européenne de l'Innovation et de la Créativité est conçue comme une initiative transversale impliquant non seulement les secteurs de l'éducation et de la culture, mais aussi d'autres domaines politiques tels que l'entreprise, les médias, la recherche, les politiques sociales et régionales, et le développement rural.
L'Année sera consacrée à toutes les formes d'innovation, y compris l'innovation sociale et entrepreneuriale, et mettra en avant la créativité dans des domaines tels que les mathématiques ou encore la technologie, afin d’améliorer les capacités à résoudre les problèmes et la mise en pratique des connaissances et des idées. À ce sujet, il faut souligner que l'Année européenne du Dialogue interculturel bénéficiera d'un suivi dans le cadre des actions de cette nouvelle Année européenne.
L'objectif de l'Année est de donner un nouvel élan à la créativité et à l'innovation, également priorités à long terme pour l'Union européenne. Cette proposition pour l’année 2009 doit encore être approuvée par le Conseil et le Parlement européen fin 2008.
Culture Action Europe profitera de sa participation à la direction du groupe de travail sur « l’interface entre la création artistique et les industries culturelles » (dans le cadre des plateformes du dialogue structuré sur « le potentiel des industries culturelles et créatives ») pour cristalliser les réflexions sur le secteur indépendant, sur les synergies et les contradictions entre le monde des arts et l’agenda des industries culturelles et pour se préparer à mettre en valeur les nombreux atouts que le secteur peut apporter à l’économie créative de demain.
Lectures complémentaires: Explorer le débat sur les industries culturelles et créatives Les industries culturelles et l'économie de la culture
Les ambitions de la Commission Européenne dans le domaine du multilinguisme Le 15 avril, la Commission européenne a organisé à Bruxelles une audition publique sur le multilinguisme. Alors qu’une Communication sur le sujet est en cours de préparation et qu’une consultation publique avait été organisée à l’automne 2007, la rencontre a permis à la Commission de collecter de nouvelles contributions et de présenter le rapport qu’elle avait commandé à un groupe d’intellectuels. Au cours de la journée, dans différents ateliers, les participants ont pu s’exprimer sur les dimensions économique, éducative, sociale et culturelle des langues.
La question du multilinguisme est intrinsèque au processus de construction européenne et est souvent considérée comme un élément indispensable du dialogue interculturel. L’Union compte à ce jour 23 langues officielles, sans compter les langues minoritaires présentes dans une majorité d’Etats. Cependant ce n’est qu’en 2005 que la Commission s’est saisie de la question en publiant une Communication sur le multilinguisme puis, en 2007, en nommant un Commissaire au multilinguisme (Leonard Orban, Roumanie). Pour ce dernier, le multilinguisme devrait être considéré de manière transversale dans toutes les politiques communautaires et l’Union devrait également développer une politique de promotion de la diversité linguistique intégrant la dimension culturelle, éducative, sociale et économique des langues. Une des idées particulièrement innovatrice présentée par le rapport d’experts commandé par la Commission serait l’apprentissage systématique par chaque citoyen européen d’une seconde « langue maternelle » apprise par immersion dès le plus jeune âge.
Pour en savoir plus, consultez le site du Commissaire au Multilinguisme Pour visiter le site officiel de l’Année Européenne du dialogue Interculturel
PARLEMENT EUROPEEN Nouvelles de la Commission Culture et Education
Lors de leurs dernières réunions, les parlementaires européens de la Commission Culture et Education ont discuté de nombreux sujets (le multilinguisme, les médias, les échanges universitaires,…), sans toutefois traiter de rapports concernant directement les arts et la culture. En mai et juin, ils ont cependant abordé deux sujets techniques importants : le budget 2009 et le rôle du Parlement dans les procédures des programmes communautaires relevant de leurs compétences.
En mai, la Commission Culture a donc discuté, en présence de Mme Jutta Haug (Groupe Socialiste, Allemagne) - rapporteur pour la Commission Budget sur le « cadre budgétaire et les priorités pour 2009 » - de l’exercice budgétaire 2009. La Commission européenne étant en phase de préparation du budget 2009, les parlementaires avaient donc jusqu’à la mi-juin pour proposer des projets pilotes à la Commission. Les députés de cette Commission ont évidemment exprimé une claire préférence pour des projets pilotes dans les domaines de la jeunesse, de la culture et de la citoyenneté.
En juin, les parlementaires ont également discuté de la proposition de la Commission de modifier les procédures d’adoption des mesures d’exécution des programmes communautaires; procédures qui ralentissent souvent énormément la mise en œuvre des actions et qui portent le nom barbare de ‘comitologie’.
Actuellement deux procédures sont d’application: la procédure consultative (un comité consultatif, composé de représentants des Etats membres, qui rend son avis dans un délai oscillant entre 6 semaines et 2 mois) et la procédure de gestion (la Commission est assistée d’un comité de gestion qui vote les mesures proposées par la Commission dans un délai qui peut atteindre 3 mois).
Le recours à l’une ou l’autre de ces procédures diffère selon le type de programme. D’une manière générale, le Comité consultatif rend un avis sur les programmes à « petit budget » (tel « l’Europe pour les citoyens ») alors que les programmes aux budgets plus conséquents sont soumis à l’avis du comité de gestion (Formation tout au long de la vie ou programme Culture). Dans le but de réduire les délais, la Commission propose de mettre en place de simples procédures d’information qui permettraient à toutes les instances de réagir plus rapidement. Les parlementaires ont bien accueilli cette proposition de la Commission en y ajoutant quelques éléments présentés par la Présidente de la Commission Culture Mme Batzeli (Groupe Socialiste, Grèce), rapporteur sur cette question.
Conférence sur les villes créatives Le 17 avril, Gisela Kallenbach – parlementaire européenne allemande du groupe des Verts – a organisé une conférence autour du thème des “villes créatives”. En présence de représentants des villes de Bologne, Amsterdam, Lille et Leipzig, le rôle de la créativité dans le développement local, économique et social, a évidemment été abordé. Des points communs à ces différentes villes ont également été identifiés tels un patrimoine riche, un rôle actif des pouvoirs publics, l’implication du secteur privé et un maillage culturel régional.
Cette conférence a été organisée dans le contexte de la préparation, par la Commission européenne, d’un Livre vert sur les futures stratégies de développement local. L’intérêt de l’Union de mieux comprendre les conséquences économiques et sociales du soutien des villes à la créativité est en effet de plus en plus affiché vu que ces « villes créatives » sont un des moyens d’atteindre les objectifs de la Stratégie de Lisbonne. Tous les intervenants ont en effet garanti que le dynamisme culturel d’une ville avait de nombreuses répercussions dans le champ social et économique ; la culture étant facteur d’inclusion sociale, d’emploi et de compétitivité.
À travers les expériences particulières des différents villes, des éléments communs aux différentes villes se sont révélés. Étant pour la plupart des acteurs publics eux-mêmes, les intervenants ont insisté sur l’importance du rôle des pouvoirs publics, notamment locaux, dans le soutien à la créativité et à l’activité des artistes. Cependant, la tendance globale à la diminution des subventions publiques au secteur culturel a également entraîné la recherche de nouveaux partenariats avec le secteur privé.
Au cours du débat, il est apparu que l’enjeu du développement local reposait en fait sur la capacité des villes - et notamment des autorités publiques - à connecter les différents acteurs impliqués dans la vie culturelle de la ville : les associations, les artistes, les institutions culturelles afin qu’ils mutualisent leurs moyens et créent les meilleures conditions au développement de la créativité. La véritable réussite de ces villes a donc consisté à créer un maillage culturel régional fort en associant au développement culturel de la ville d’autres entités locales proches. Selon les intervenants, le dynamisme culturel et créatif d’une ville reposerait donc sur sa capacité à mettre en interaction les moyens et les compétences de tous les secteurs sur un territoire large.
Ils espèrent à présent que la Commission prendra ses conclusions en considération lors de la rédaction de son futur Livre vert.
À LA UNE
Conflits culturels à Prague
Une vague de protestations d’artistes et d’intellectuels tchèques a récemment réussi à contrecarrer la politique culturelle de la municipalité de Prague. Milan Richter, conseiller municipal pour la Culture et le Tourisme, eut l’idée très controversée d’accorder des subventions aux théâtres de la ville en fonction du nombre de tickets qu’ils vendent. Mais ce système, établi en novembre 2007 a provoqué une mini révolution dans le monde des Arts. Les théâtres indépendants, les galeries d’art et d’autres assurent devoir mettre la clé sous la porte si les subventions restent si maigres. S’en sont suivis pétition signée par 3000 personnes, manifestations et sit-in dans l’hôtel de ville de Prague.
Les artistes tchèques ont su mobiliser. En effet, 1900 signatures ont déjà été réunies dans la pétition adressée au maire, aux membres de l’assemblée municipale et au directeur de l’Hôtel de Ville sous le titre : « Prague doit protéger la culture ». En mai, environ 500 directeurs de théâtre ou de galeries, artistes et écrivains ont manifesté contre l’ordre municipal rendant effective la réduction des subventions. Une seconde raison de leur colère vint s’ajouter quand une publicité à £250 000 pour la ville fut diffusée sur les chaînes de télévision qui présentait des tops models tchèques buvant du champagne sur un air de Mozart et en arrière plan un château très célèbre. Cette publicité résume l’esprit conservateur du Conseil de la Ville dit le journaliste, Martin Plichta. « Tout n’est que strass et paillettes, mannequins, voitures de luxe, showbiz et célébrité ; on est bien loin de la Culture. »
Ils montrèrent leur satisfaction quand le maire Pavel Bem annonça la semaine dernière qu’ils avaient abandonné le nouveau système d’octroi des subventions et étaient revenus à l’ancien système. Ce démantèlement du nouveau système est-il une victoire des théâtres. Pas tout à fait selon Ondrej Hrab, le directeur du théâtre Archa de Prague : « je pense que le route est encore longue parce que ce n’est qu’une promesse. Ce n’est qu’une promesse venant répondre à toutes les demandes faites dans la pétition, sauf une : la démission de messieurs Richter et Pecha ».
Ni Ondrej Pecha, directeur du comité de subventions à l’Hôtel de ville de Prague, ni Milan Richter n’envisage de partir, et les théâtres vont devoir apprendre à vivre avec eux. Mais le principal point de discorde, l’octroi de subventions en fonction du nombre de places vendues, a disparu pour de bon.
Culture Action Europe soutient ses membres dans leur combat pour préserver, voire augmenter, les subsides accordés aux arts en Europe. Le conflit qui entoure les subsides n'est pas seulement une question d'argent. Il en va, en réalité, de l'avenir de cette ville, qui a changé du tout au tout en dix ans. Ayant connu l'un des développements touristiques les plus importants d'Europe, avec près de sept millions de visiteurs chaque année, Prague attire depuis peu les touristes asiatiques. Les visiteurs se pressent dans les rues étroites parsemées de boutiques à souvenirs bon marché. Le château, quant à lui, abrite désormais un vaste grill bar de style américain aux décors inspirés du Far West. Cette réduction drastique des financements artistiques s’inscrit dans la politique du gouvernement fédéral tchèque de droite, qui tente de faire accepter un programme de réforme ambitieux impliquant notamment une réduction des taxes et des dépenses sociales. La construction controversée d'une bibliothèque destinée à accueillir la collection nationale de 10 millions de livres – communément appelée "le Blob" – est désormais fortement compromise.
Tout le monde n'est pas en faveur de cette pétition : le secteur du divertissement commercial estime en effet que le secteur subsidié a la mainmise sur les financements. La décision du maire adjoint en charge des affaires culturelles d'introduire une somme forfaitaire de subsides pour toutes les formes de divertissement a considérablement réduit les financements octroyés au secteur non lucratif en faveur d'un marché sain, mais résolument moins attractif du point de vue intellectuel. Cette année, les subsides s'élèveront à 18% des subsides de l'année passée.
Cette situation trahit un manque de compréhension de l'écosystème culturel, pourtant très bien développé dans d'autres pays européens. Le secteur non lucratif nourrit et soutient le monde du divertissement commercial en formant des artistes et des techniciens qualifiés et en testant de nouvelles formes d'art et idées artistiques. Le secteur commercial, quant à lui, fournit de l'emploi et attire les touristes. Selon Culture Action Europe, ces deux secteurs ont besoin l'un de l'autre. Un système de financement sain serait donc dans l'intérêt du reste du secteur commercial. C'est l'une des raisons pour lesquelles Culture Action Europe se réjouit de pouvoir participer à la nouvelle Plateforme pour les Industries créatives, aux côtés des représentants du secteur commercial.
Pour plus d’information sur la pétition contre la coupe des fonds, visitez http://www.ruo.cz/navrhy-praze/eng/
UNESCO Rôle de la société civile dans la mise en œuvre de la Convention sur la diversité des expressions culturelles
Le 23 juin 2008, s’est tenue pour la première fois, à l’UNESCO, une rencontre entre la société civile et les Etats partis à la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Cette réunion informelle, précédant celle du comité intergouvernemental, avait pour objectif de définir quel pourrait être : le rôle de la société civile dans la promotion et la mise en œuvre de la Convention, sa contribution au travail des organes de la Convention, et son rapport au fonds international pour la diversité culturelle qui doit être mis en place. » Pour plus d’information sur cette réunion
SOCIETE CIVILE
Proposition d’un registre des groupes d’intérêts à Bruxelles – mécontentements
ALTER-EU a envoyé une lettre au Président de la Commission lui demandant de « corriger » la proposition de registre des groupes d'intérêt à Bruxelles. Le Groupe de Contact de la Société Civile a lui aussi envoyé une lettre à la Commission européenne exprimant ses préoccupations sur ce projet ; une de celle-ci étant que, dans la version actuelle du registre, sont exigées différentes informations financières aux représentants d’intérêts privés et aux ONGs. Pour soutenir l'initiative d'ALTER-EU et pour plus d'informations : www.corporateeurope.org et euractiv.org.
NOUVELLES DES MEMBRES
L’AEC lance un nouveau site Internet : StudyMusicInEurope.org L’Association Européenne des Conservatoires (AEC) a lancé récemment un nouveau site Internet intitulé StudyMusicInEurope et destiné aux étudiants non-européens souhaitant étudier la musique dans une institution supérieure européenne. Certaines parties du site sont disponibles en anglais, espagnol, portugais, chinois et français. Le site a été créé dans le cadre du projet Mundus Musicalis d’ERAMUS MUNDUS.
Ars Electronica Festival – ‘A new cultural economy: The Limits of Intellectual Property’, 4 to 9 September 2008, Linz Cette année, le Festival Ars Electronica s’intéresse à la valeur de la propriété intellectuelle, affrontant ainsi l’une des questions essentielles de notre société moderne basée sur la connaissance, à savoir l’opposition entre la liberté d’information et la protection des droits d’auteurs, entre les opportunités de réaliser des profits considérables et la vision d’une société ouverte basée sur la connaissance et cherchant à fonder son économie sur la créativité et l’innovation. Ars Electronica souhaite, en outre, établir des règles pratiques et réalistes pour régir cette nouvelle réalité. Pour plus d’informations : http://www.aec.at/culturaleconomy
Conférence annuelle de l’IAMIC à Cardiff, 11-12 septembre, Pays de Galles. La conférence annuelle de l’Association Internationale des Centres d’Information sur la Musique (IAMIC) aura lieu à Cardiff, au Pays de Galles, en septembre prochain. Les non-membres sont cordialement invités à participer aux journées ouvertes des 11 et 12 septembre, au cours desquelles une large gamme de sujets seront abordés, notamment la promotion de la musique, l’Internet et les technologies de l’information, les changements en matière de politiques musicales, et l’évolution du jazz et de la musique contemporaine. Pour plus d'informations
Artistes en dialogue – 11ème Assemblée Générale de Res Artis, 9-11 octobre, Amsterdam Rejoignez Res Artis à Amsterdam pour explorer la diversité des programmes internationaux de résidence, rencontrer des collègues du monde entier ou encore de nombreux instigateurs Hollandais. Pour plus d’informations et pour toute inscription, cliquez ici.
Conférence biannuelle d’ELIA, 29 octobre – 1er novembre 2008, Göteborg. Le 10ème congrès d’ELIA sera l’occasion de se pencher sur les congrès précédents et d’identifier un certain nombre de questions clés : nos perpétuelles inquiétudes quant à l’avenir de nos écoles d’art, ce qui nous conforte dans notre travail et dans nos réussites, et les domaines dans lesquels nous devons poursuivre nos efforts et maintenir notre engagement pour générer des changements et assurer la vitalité, la pertinence et l’importance de l’éducation artistique dans nos sociétés de plus en plus complexes. Pour plus d’informations : http://www.biennial.org/
IETM Réunion plénière d’automne, 6-9 novembre 2008, Zurich La réunion de Zurich contribuera à l’Année européenne du Dialogue interculturel en s'attardant sur le thème de « l’incompréhension ». Dix théâtres vous invitent à une analyse moderne de la danse et du théâtre suisses contemporains. Elaborée par une équipe de commissaires suisses, la « Sélection » offre un large panorama des productions actuelles des communautés germanophone et francophone de Suisse, dans le domaine du théâtre, de la danse et des arts du spectacle. Pour plus d’informations, cliquez ici.
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