Dernières nouvelles

  • 18.06.13 Save the date: Culture Action Europe Public Conference and AGM, October 2013, Rome, Italy Lire la suite...
  • 10.06.13 Teatro Valle Occupato: Call for solidarity and support Lire la suite...
  • 07.06.13 EC representation in the UK: Call for proposals for cultural events Lire la suite...
  • 03.06.13 Urgent: Make your voice heard to improve conditions for artists’ mobility now! Lire la suite...
Les industries culturelles et l’économie de la culture Imprimer

Les industries culturelles, c’est-à-dire la dimension économique de la culture, sont devenus les « enfants chéris » des décideurs politiques, et ce pour des raisons évidentes. Mais il y a aussi de bonnes raisons, moins évidentes peut-être mais néanmoins cruciales, qui devraient inciter les opérateurs culturels non commerciaux d'également y prêter attention.


Venant juste de publier un ouvrage, avec d’autres auteurs, de plus de 500 pages sur l’économie de la culture, je voudrais vous présenter ces raisons. Aujourd’hui une diversité croissante de biens et services "symboliques" est produite et distribuée. L’esthétique e été rendu commode et la commodité est devenue esthétique. Alors que l’industrie et le numérique encadrent pratiquement tous les processus culturels, le segment de l’économie ici considéré avec ces biens et services symboliques mobilise des ressources humaines, matérielles et techniques considérables. Il n’est pas étonnant que le « culturel » soit devenu une question centrale des politiques économiques ! En témoigne L’étude sur l'économie de la Culture en Europe, publiée en 2006 pour la Commission européenne par KEA European Affairs.

Ces développements sont également à l’origine du nouveau discours et agenda sur les « industries créatives ». Le concept de « créativité », que jusqu’à récemment les artistes ont principalement défendu, a été largement étendu durant les dix dernières années. Aujourd’hui, il est relié à une vaste gamme d’activités et de professions, la plupart très éloignée de la création artistique. Ce concept a été consacré dans la Communication de la Commission de 2007 dans laquelle « la promotion de la culture en tant que catalyseur de la créativité » joue un rôle clef.

Mais où nous situons nous dans cet agenda sur les industries culturelles? Nos activités ne sont ni industrielles ni lucratives. Nous ne disons pas ici que l’art et le commerce sont deux mondes opposés, loin de là. Cependant, nous voulons nous engager dans ce débats à nos conditions. Voilà le défi. Il a été relevé par des analystes qui ont développé des arguments pertinents dans ce débat pour le secteur culturel non industriel et sans but lucratif : notre secteur est fait de réseaux qui s'entremêlent aux industries créatives; il est doté d'un capital humain de qualité tant pour les industries créatives que pour les autres; il développe des pratiques et des modèles organisationnels qui peuvent servir tant à l’industrie qu’à d’autres domaines; il attire les individus créatifs et les entreprises dynamiques.

Certains de ces arguments sont peut-être surestimés. Le vrai problème, en fait, n’est pas tant les idées elles-mêmes que l’instrumentalisation qu’elles génèrent. Voulons nous suivre ce chemin ? Il y a sûrement de bonnes raisons d’être prudent. Tous les types de productions culturelles doivent-ils être justifiés par des gains économiques ? Nous devons être tactiques et utiliser ces arguments dans notre propre rhétorique parce que c’est le langage que les décideurs politiques veulent entendre. Par contre ce paradigme nous oblige à adopter une vision essentiellement néo-libérale. C’est en cela que nous croyons ?

Voilà certaines des raisons pour lesquelles il est important de comprendre l l’économie de la culture et de réfléchir à la fois aux impacts qu’elle a sur les activités culturelles non commerciales et aux nouvelles relations entre ces deux mondes qui ont un impact sur l'activité artistique artistique.
De récents écrits d’économistes de la culture, de géographes et d'autres chercheurs en sciences sociales peuvent nous aider à recadrer les questions soulevées; certains de ces écrits sont cités ici.

Yudhishthir Raj Isar, ex-président de Culture Action Europe