Voici la dernière édition de la newsletter de Culture Action Europe pour l’année 2008 ; une année durant laquelle nous avons à la fois accompli beaucoup, tout en nous préparant à relever les défis à venir!
2008 a vu un certain nombre de nouveaux outils et mécanismes se développer au niveau européen, dont certains vous sont présentés dans cette newsletter. Nous vous proposons également un article d’Andrew McIlroy (conseiller en politique culturelle) qui nous présente sa perspective sur les derniers développements politiques à l’agenda culturel européen, qui peuvent parfois apparaître comme une diversification des efforts plutôt qu’un renforcement de ce qui fonctionne, et met également en lumière les défis à venir pour Culture Action Europe.
Pour notre équipe, l’objectif est désormais d’identifier de nouveaux modes d’ACTION, allant au-delà des limites bureaucratiques de l’Union Européenne, et apportant l’énergie et l’imagination nécessaires à la construction d’une Europe qui soutient, reconnaît et rend accessible à tous les arts et la culture. Tel est notre objectif pour les mois à venir, alors que les initiatives politiques devraient continuer à se développer.
Dans cette perspective, nous espérons que 2008 a été une année fructueuse pour vous tous, et que 2009 vous offrira encore plus d’opportunités de partenariat et de développement. Nous vous souhaitons de bonnes fêtes de fin d’année.
LA CONFERENCE 2008 DE CULTURE ACTION EUROPE
Scène Ouverte – Développer la coopération culturelle européenne et internationaleMarseille, 23-25 octobre 2008 Plus de 250 participants, venus de toute l’Europe et du bassin méditerranéen, nous ont rejoint à Marseille pour évoquer la place de la culture dans les relations extérieures de l’Union, ainsi que le rôle de la société civile dans l’élaboration des politiques culturelles européennes. Ces deux journées ont démontré une fois de plus que les défis culturels européens étaient omniprésents dans la réalité quotidienne du monde artistique, et que de nouveaux espaces de débat et d’action devront être ouverts. Nous tenons à remercier chaleureusement tous les participants ainsi que nos partenaires pour leur présence et leur soutien, et nous vous invitons à lire le rapport de la conférence et à visiter notre galerie de photos sur le site de la conférence.
A LA UNE – ANNEE EUROPEENNE DE LA CREATIVITE ET DE L’INNOVATION 2009
Les enjeux de l'Année 2009 pour Culture Action Europe et pour le secteur culturel en général, par Andrew McIlroy 2009 sera l’Année européenne de la Créativité et de l’Innovation, une nouvelle année thématique – après celle du Dialogue interculturel – axée sur le rôle des arts et de la culture dans la poursuite d’objectifs politiques ambitieux. Mais quels sont les objectifs des institutions et de quelles ressources disposent-elles ? Et quelles seront les implications de cette année pour le secteur artistique indépendant à but non lucratif ? Lisez le point de vue d’Andrew McIlroy (ex-secrétaire général du CEREC, consultant en politique culturelle et conseiller politique de Futurecity), ainsi que des infos complémentaires sur l’Année thématique 2009.
L’Année européenne de la Créativité et de l’Innovation 2009: la perspective d’Andrew McIlroy, ex-secrétaire général du CEREC, consultant en politique culturelle et conseiller politique de FutureCity L'Année européenne de la Créativité et de l'Innovation 2009 arrive dans la foulée de l'Année européenne du Dialogue interculturel 2008 et, bien que nous soutenions les objectifs généraux de cette nouvelle priorité politique (comment s’y opposer?), cette thématique met en lumière un certain nombre de difficultés sur lesquelles Culture Action Europe et ses membres devrait peut-être se pencher.
Tout d'abord (et c’est sans doute le point le moins important), il aurait peut-être été souhaitable de détourner un peu l'attention des institutions européennes des arts et de la culture, pour laisser à l’étonnante et épuisante vague d'initiatives, d'événements, de systèmes et de structures qui ont récemment submergé le secteur le temps de prendre forme et de se mettre en place.
Ca suffit! Le continent européen doit affronter suffisamment d'autres problématiques pour donner un peu de répit au secteur culturel. L'Agenda européen de la Culture, les plateformes du dialogue structuré, la Convention de l'UNESCO sur la diversité culturelle, l'Année européenne du Dialogue interculturel… Nous avons assisté ces derniers temps à une déferlante d’initiatives importantes et politiquement significatives qui ont eu un impact sur la façon dont le secteur culturel européen est perçu et se perçoit lui-même. S'il est assez délicat de reprocher à l'Europe de nous accorder soudain trop d'attention, ceux d'entre nous qui ont une certaine expérience du secteur savent que le vrai danger qui nous guette aujourd'hui est d’assister à une fragmentation des initiatives, alors que c'est justement de l'inverse dont nous avons besoin actuellement.
Nous devons réfléchir à ce qui vient de se passer et aux conséquences de ces évolutions sur la pratique des arts et inversement. Nous devons adapter notre langage aux nouvelles exigences. Nous devons stabiliser nos financements en ces temps de crise économique. Nous devons instaurer des contacts réguliers et un suivi avec une Commission européenne déjà débordée, afin de s'assurer que les anciennes initiatives soient rangées dans les bons tiroirs. Bref, nous avons besoin de temps.
Ceci nous amène au deuxième point. L'Année de l'Innovation et de la Créativité a quelque peu manqué de préparation (7 mois, à en croire la rumeur). 7 mois suffisent peut-être pour une simple conversation, mais il faut bien plus que cela pour entamer un débat! Qui sont les experts? Quelles sont les problématiques? Quels sont les priorités et les points de friction? Qui représente qui? Et pour quoi faire? Le problème n’est pas seulement que "nous ne sommes pas tout à fait prêts", mais plutôt que ce manque de préparation soulève de réelles interrogations quant au fond et à la forme de l'Année. Les thèmes visés par cette Année 2009 sont larges : l'éducation, les arts, l’industrie, l'innovation, la promotion de l'esprit d'entreprise, la recherche, la société numérique, la cohésion sociale, le développement rural, ... Tout semble rentrer dans le cadre de cette Année, mises à part la faim dans le monde et l'ascension de la Chine (et encore, peut-être apparaissent-elles dans les annexes). Bien sûr, notre secteur est concerné par la majorité de ces questions, même si notre action est bien souvent décousue et fragmentée, mais ce que nous ne pouvons pas faire – en tout cas pas encore – c'est officialiser davantage cet engagement. Nous venons à peine d'accepter le fait que nous n’échapperons pas à ces thématiques et que nous devons entrer en dialogues avec leurs principaux acteurs. Par contre, nous avons besoin de plus de soutien, de plus de conseils, de ressources suffisantes et de mécanismes de connexion intelligents pour préparer notre secteur à être opérationnel dans ces domaines. Nous avons besoin de discussions, de réunions et de conseils pour trouver une façon innovante de relier les points entre eux. C’est de lumière dont nous avons besoin, pas d'abat-jour.
Nous en arrivons maintenant au troisième point. Selon moi, la créativité et l'innovation (tout comme la démocratie et la justice) ne sont pas tant une constellation indépendante de pratiques que le produit d'autres disciplines. C'est en quelque sorte la lumière, et non l'électricité. Certaines des questions qui devront être abordées cette année semblent de prime abord n'avoir que très peu à voir avec la créativité : l'enseignement maternel, la connaissance des langues, les arts dans les programmes scolaires, l'égalité des sexes ou encore les droits des homosexuels (oui oui, vous avez bien lu, relisez les théories de Richard Florida si vous ne me croyez pas). Et pourtant, ces thèmes ont tous à voir avec la créativité. La théorie de la Technologie, du Talent et de la Tolérance est désormais bien établie dans le monde académique et dans le monde des politiques urbaines, mais les implications de cette théorie pour le financement, la gestion et la pratique des arts commencent à peine à effleurer les esprits des décideurs politiques, sans parler de ceux des professionnels sur le terrain. Nous n’avons pas suffisamment étudié ces questions (et je pense d’ailleurs que nous devons l'admettre). Nous sommes trop rarement en contact avec les penseurs de la sphère urbaine, scientifique, commerciale, éducationnelle ou sociale pour pouvoir comprendre leurs préoccupations et les outils qu'ils utilisent. Notre mission, c'est de créer. Et lorsque nous ne créons pas, nous essayons de mettre notre créativité au service des objectifs d’autres politiques. Ce que nous n’avons pas été appelés à faire, par contre, ou en tout cas pas assez souvent, c'est de réfléchir aux valeurs et aux principes sur lesquels s’appuie l’instrumentalisation des arts et de la culture. Il semble que nous soyons désormais appelés à le faire.
Les plateformes du dialogue structuré, les Années du Dialogue Interculturel et de la Créativité, ... sont autant d'initiatives qui poussent notre secteur à formuler et à défendre la valeur de la création dans nos sociétés et, pour être tout à fait honnête, à prendre en comptes les effets économiques et sociaux de la création. Mais comment sensibiliser les artistes à des questions aussi larges que les changements économiques que nous connaissons actuellement? Comment donner les moyens aux artistes de s'engager dans une réflexion sur les profonds changements qui frappent actuellement la composition sociale et ethnique de nos sociétés? Comment adapter la politique à la pratique, sachant – comme l'a demandé Culture Action Europe lors de sa conférence à Marseille – que cette adaptation doit se vérifier tant au niveau local, que régional, européen et mondial? De combien d'ambassadeurs et d'interprètes disposons-nous pour permettre ce dialogue entre les arts et les politiques? Dans quelle mesure sommes-nous bilingues? Et bien, certains acteurs sont déjà bilingues, Culture Action Europe est l’un d’entre eux.
Un des défis de Culture Action Europe est donc de s'interroger sur le poids que nous pouvons avoir dans ces débats. Sommes-nous pris suffisamment au sérieux? Nous sommes pris très au sérieux, du moins nous l'espérons, mais peut-être pas suffisamment. Le problème est toujours le même, bien qu'il soit présenté de façon toujours plus complexe. Culture Action Europe est un outil solide, flexible et réactif pour le secteur culturel, capable (comme bon nombre d’associations du même type) de relever toute une série de défis politiques. Mais le secteur politique encourage en réalité une fragmentation croissante des initiatives, des idées et des projets du secteur, tous conçus pour apporter des réponses et une valeur ajoutée aux décisions européennes, et ce avec des budgets et des ressources de plus en plus limités et des composantes de plus en plus fragmentées. Est-ce vraiment la voie à suivre?
La créativité est un exemple typique. S'il est vrai que le secteur des arts subventionnés a mis du temps à se positionner par rapport aux industries créatives – considérées comme hostiles ou en rupture avec les valeurs fondamentales des arts – le secteur des arts subventionnés n'en est pas moins au cœur même de l'infrastructure des industries créatives. L'un des groupes de travail de la Plateforme de dialogue structuré consacrée à ce thème a d’ailleurs déjà insisté sur ce point, affirmant dans un premier document de travail (provisoire) que " la pratique des arts est le domaine de création par excellence". D'autres organismes et publications sont arrivés à la même conclusion, notamment le Ministère de la Culture, des Medias et des Sports du Royaume-Uni ou le rapport 2006 de KEA sur "L'économie de la culture en Europe". Les arts, et plus particulièrement les arts subventionnés, sont le génome des industries créatives. Ils représentent à la fois la recherche pure, le banc d'essai, les expériences, le développement des capacités, l'enthousiasme et le cadre de réflexion dont s'inspirent toute la constellation des industries créatives (de l'architecture, au spectacle, en passant par le graphisme). Le manque de déclarations communes (de plateformes politiques, si vous préférez) ne diminue en rien notre poids dans ce débat.
Pourtant, la tendance actuelle à vouloir instaurer un dialogue distinct entre les industries créatives et la Commission européenne risque de miner la contribution du secteur artistique au débat sur la créativité en Europe. Ce risque pourrait se concrétiser de deux façons : d'une part les "arts" pourraient être écartés de débats fondamentaux concernant les modèles de financement, les taxes, la formation et le cadre législatif nécessaires à l’épanouissement du secteur, et d'autre part le monde des PMEs et des industries créatives pourrait être conforté dans l'idée qu’ils sont les seuls à porter le concept de créativité. Or, ce n'est pas le cas. Les arts ont toujours un rôle clé à jouer. Toute personne qui s'intéresse au secteur de l'industrie créative en Europe sait que sans le secteur des arts subventionnés, les industries créatives n'auraient aucune ressource sur laquelle s’appuyer. Tout graphiste est influencé par les écoles d’art, tout publicitaire par les évolutions des arts visuels, tout programmeur de jeux vidéos par le travail des scénaristes, tout réalisateur télévisuel par la scène théâtrale. Le défi est d'établir une relation réciproque entre ces deux pôles. Il faut reconnaître qu'il est plus facile pour le secteur des affaires d'adresser des recommandations concrètes aux institutions européennes puisqu'ils travaillent déjà dans le cercle magique de l'économie et de la concurrence. L'artiste (et c'est peut-être encore plus vrai pour les artistes socialement engagés) doit quant à lui fournir un effort considérable pour traduire ses préoccupations en un langage compréhensible et utilisable par la Commission européenne et le Conseil. Mais c'est pourtant ce qu'il faut faire.
La prochaine étape de la réflexion sur l'industrie créative en Europe devrait consister à rapprocher les particularités du secteur artistique de celles des structures économiques. Mais personne ne sait réellement comment s'y prendre, bien que certaines organisations telles que Arts & Business au Royaume-Uni ou ADMICAL en France soient déjà engagées dans ce processus depuis vingt ans, à leur manière imparfaite. Quoi qu'il en soit, la priorité devrait être d'axer davantage le débat sur la pratique des arts, via des organismes représentatifs tels que Culture Action Europe ou via des professionnels de terrain et leurs groupes d'intérêt (comme PEARLE*, par exemple). Tous ces organismes sont, seront ou devraient être impliqués dans la Plateforme thématique ‘Industries culturelles’ du dialogue structuré et participeront sans aucun doute à l'Année européenne 2009, d'une façon ou d'une autre. Cette participation risque toutefois d'être considérée comme quelque peu éloignée de l'objectif principal et concret que poursuivent actuellement les organisations représentatives actuelles, à savoir intégrer la culture à l’ensemble des problématiques politiques européennes.
La Créativité (Année européenne ou pas) n'est pas un thème détaché des autres préoccupations européennes. Nous savons déjà qu’il est intimement lié aux questions d’interculturalité, de politiques extérieures, de politiques sociales– sa pertinence dans le cadre de l'emploi, de la concurrence, des systèmes de valeurs européens et de l'engagement des citoyens sera de plus en plus visible au cours des années à venir. Notre identité européenne (quoi que cela puisse vouloir dire!) a toujours été plus facile à définir en termes de particularités culturelles et d'expériences partagées qu'en termes de caractéristiques poétiques, linguistiques, économiques ou sociales. Il est temps maintenant de rassembler tout cela. C'est pourquoi l'Année européenne de la Créativité et de l'Innovation représente un défi majeur, non seulement pour Culture Action Europe et les autres organisations représentatives du secteur, mais aussi pour leurs membres.
Il est aujourd'hui plus clair que jamais que la mission de Culture Action Europe n'est pas seulement de donner des conseils sur les mécanismes de financement ou de guider les néophytes dans le labyrinthe politique européen, bien qu'elle exécute ces deux fonctions avec talent et plaisir. La véritable mission de Culture Action Europe est de se poser les questions difficiles auxquelles les décideurs politiques doivent se confronter et de prendre ensuite le temps nécessaire afin de proposer de nouvelles pistes de réflexion. Sa mission est aussi de découvrir où se trouve l'avenir de l'engagement du secteur artistique en Europe, et de communiquer ensuite ses positions dans un langage relativement accessible, sans pour autant tomber dans un langage enfantin que certains souhaiteraient nous voir utiliser. Bref, il s'agit de présenter la réalité du secteur aux politiques.
Ces nouvelles opportunités de dialogue ne font pas de Culture Action Europe une association dépassée. Au contraire, les associations de ce type auront un rôle de plus en plus important à jouer si le secteur veut éviter de se retrouver un jour totalement dépassé par les événements et écarté du processus décisionnel. Oui, il y a une foule d'initiatives, de plateformes et de groupes de discussions aujourd’hui sur la scène européenne, mais je sais à qui j’offrirai toute mon énergie afin de donner une voix cohérente au secteur culturel...
CONSEIL DES MINISTRES EUROPEENS DE LA CULTURE
Le Conseil promeut la Culture dans les Relations extérieures Les 20 et 21 novembre derniers, le Conseil des ministres pour l’Education, la Jeunesse et la Culture s’est réuni à Bruxelles sous la présidence des ministres et secrétaire d’Etat français en charge de ces questions. Il a, entre autres, adopté des conclusions sur la promotion de la diversité culturelle et du dialogue interculturel dans les relations extérieures de l’Union et de ses Etats membres. Toutefois, comme l’a souligné le Budapest Observatory dans son ‘mémo’ de novembre, le Conseil des Ministres des affaires étrangères n’a lui fait aucune référence à la culture dans son dernier communiqué de presse...
L’agenda du Conseil de l’Union Européenne dans sa formation Education, Jeunesse et Culture du 20-21 novembre 2008 comptait de nombreux points se rapportant au domaine de la Culture et de l’Audiovisuel.
S’agissant du domaine des politiques culturelles, l’importante décision concernait la promotion de la diversité culturelle et du dialogue interculturel dans les relations extérieures de l’Union et de ses Etats membres.
L’adoption de ces conclusions s’inscrit dans la continuité de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, de l’Année européenne du Dialogue Interculturel 2008 et de l’Agenda Européen de la Culture dont l’un des principaux objectifs est la promotion de la culture comme « élément incontournable dans les relations extérieures de l’Union ». Les ministres reconnaissent l’importance de la coopération culturelle et du dialogue interculturel en ce qu’ils constituent des éléments fédérateurs à forts potentiels politique et économique pour les pays de l’UE comme pour les pays tiers. Le Conseil entend ainsi contribuer au développement du secteur culturel dans ces pays et donc à leur développement durable. Le Conseil appelle donc les Etats membres et la Commission Européenne à renforcer la place et le rôle de la Culture dans leurs relations avec les Etats tiers partenaires comme avec les organisations internationales, à promouvoir la Convention de l’UNESCO et à favoriser le dialogue interculturel. Les Etats membres et l’UE doivent assurer l’intégration systématique de la Culture dans leurs relations extérieures et, notamment, soutenir les mesures en faveur de la coopération culturelle avec les pays tiers, la valorisation du patrimoine (entendu au sens large), le multilinguisme et la mobilité. En résumé, le Conseil souhaite la mise en place d’une véritable politique culturelle extérieure et envisage également l’utilisation de « la méthode ouverte de coordination » pour y contribuer.
Toujours dans le domaine de la Culture, le Conseil a adopté des conclusions sur la création d’un « Label du patrimoine européen » et sur la « contribution de l’Architecture au développement durable ». Le Label du patrimoine européen a pour objectif de « mettre en valeur de façon concrète l’histoire commune de l’Europe » et de contribuer au rayonnement des Etats membres, à l’attachement des citoyens, à l’attractivité économique, à la promotion de valeurs, ... Il sera attribué à tous « les monuments, sites naturels ou urbains, les paysages culturels et les lieux de mémoire ainsi que les biens culturels et le patrimoine immatériel qui possèdent une forte dimension européenne ».
Les conclusions du Conseil sur la contribution de l’architecture au développement durable appellent les Etats membres et la Commission à envisager l’architecture de manière transversale dans toutes les politiques afin de traduire les différentes dimensions que revêt cette discipline : culturelle, technique, environnementale, sociale et économique. Pour assurer cette contribution le Conseil invite également les Etats membres à recourir, le cas échéant, à la méthode ouverte de coordination récemment mis en place.
Au sujet de l’audiovisuel, l’adoption de conclusions sur la bibliothèque numérique européenne EUROPEANA fut un moment fort puisqu’elle marqua le lancement du prototype. Quelques heures après la mise en ligne, le système s’est d’ailleurs bloqué sous l’affluence de visites (plus du double de ce qui était anticipé)…
Deux autres décisions importantes ont finalement fait l’objet du vote du Conseil : sur le programme Culture 2007-2013, répondant à la proposition de la Commission Européenne visant à modifier les procédures d’adoption des mesures d’exécution des programmes communautaires ; et une autre, sans débat, proclamant l’année 2009 Année Européenne de la Créativité et de l’Innovation.
Pour connaître l’ensemble des points débattus par le Conseil, cliquez ici.
Le dialogue interculturel et la plateforme pour une Europe interculturelle
Conférence nordique sur les politiques interculturellesStockholm, 12-13 novembre 2008 Organisée par le Ministère suédois de la Culture, cette conférence intitulée « How soon is now ? » a trouvé un bon équilibre entre les discussions politiques et les exemples pratiques alors que les niveaux politiques suédois, nordique et européen ont tous les trois été pris en compte. Les membres potentiels de la nouvelle Plateforme pour une Europe interculturelle s’étaient réunis la veille pour discuter de leur programme de travail 2009 et de leur évolution d'une initiative informelle vers une organisation indépendante.
Les participants à la conférence ont également eu droit, en avant-première, à un aperçu du projet suédois home not HOME développé dans le cadre de l’Année européenne du Dialogue Interculturel, ainsi qu’à des recommandations et illustrations tirées du Forum nordique interculturel. Pour notre plus grande satisfaction, celles-ci rejoignaient l’approche du "Rainbow Paper – Dialogue interculturel: de la pratique au politique : un aller-retour", également présenté lors de la conférence.
LabforCulture relate l’événement ici Les présentations de certaines sessions, notamment les recommandations du groupe de travail nordique, sont disponibles sur http://www.labforculture.org/en/labforculture/blog/33348
Conférence de clôture de l’Année européenne du Dialogue Interculturel 2008 Centre Pompidou, Paris, 17-19 novembre 2008 Organisée par la présidence française de l’UE, la conférence "Nouvelles perspectives du dialogue interculturel en Europe" fut un événement prestigieux qui offrait un programme bien structuré mais vaste, mettant en scène de nombreuses grandes figures intellectuelles et leurs réflexions politiques. Les présentations des activités entreprises au niveau des Etats membres et des collectivités territoriales dans le cadre de l’Année 2008 ont reçu, quant à elles, un peu moins d’attention. Les représentants de la Plateforme pour une Europe interculturelle disposaient quant à eux de dix précieuses minutes pour présenter le "Rainbow Paper » à l’auditoire.
"Le Rainbow paper – Dialogue interculturel: de la pratique au politique : un aller-retour", présenté lors de la conférence, avait alors été signé par 171 organisations et 129 individus (196 et 146 respectivement à ce jour). Cette présentation était l’aboutissement de deux années de consultation et d’efforts.
Reste maintenant à identifier les effets durables de l’Année, et le chemin que prendront les recommandations soigneusement élaborées par la Rainbow Platform.
Le Commissaire Jan Figel et la Directrice-générale Odile Quintin ont tous deux salué le travail de la Plateforme, l’un dans son discours d’ouverture et l’autre dans ses conclusions. Et pourtant, les "Conclusions du Conseil sur la promotion de la diversité culturelle et du dialogue interculturel dans les relations extérieures de l’Union et de ses Etats membres" (20 novembre 2008) – bien qu’elles constituent un grand pas en avant dans la reconnaissance de la culture dans les relations extérieures de l’UE – écartent totalement la problématique de la diversité locale en Europe résultant de l’immigration et de l’existence de minorités (l’objet même du Rainbow Paper).
Le soutien politique accordé à la pratique du dialogue interculturel dépendra de notre capacité à maintenir nos efforts de lobbying en la matière. La raison d’être de la Plateforme pour une Europe interculturelle est par conséquent renforcée. Le Rainbow Paper est toujours ouvert à la signature à l’adresse suivante : http://rainbowpaper.labforculture.org
AGENDA EUROPEEN DE LA CULTURE
Dialogue structuré avec la société civile : dernières nouvelles Tandis que la Plateforme pour une Europe interculturelle a remporté le soutien de plus de 190 organisations pour son Rainbow Paper, les deux nouvelles plateformes ont poursuivi leurs activités au sein de leurs groupes de travail thématiques. Leur objectif est de rédiger une première série de recommandations pour leurs prochaines plénières – qui se tiendront respectivement le 11 décembre pour la plateforme Potentiel des industries culturelles et créatives, et dans le courant du premier trimestre 2009 pour la plateforme Accès à la culture. Aucun dialogue n’a pour l’instant été établi entre les plateformes et les groupes de travail de la MOC, mais une première réunion conjointe aura lieu le 15 décembre et mènera, espérons-le, à plus de coopération et de transparence. Plus d’informations sur le dialogue structuré ici.
Parlement européen
Commission de la Culture et de l’EducationRéunions des 5 et 6 novembre 2008 La réunion des parlementaires s’est déroulée en quatre temps: échanges de vues dans le cadre de la Semaine arabe ainsi que de la Semaine de la Jeunesse et du dialogue avec les citoyens ; adoption de divers rapports sur l’éducation, les médias et la jeunesse ; quatre examens de projets d’avis et enfin, une audition publique intitulée « Une passerelle entre les cultures et les régions européennes ».
Tous les mois, les Commissions thématiques du Parlement européen se réunissent à Bruxelles. En novembre ces réunions ont eu lieu pendant la Semaine arabe du Parlement Européen, organisée dans le cadre de l’Année européenne du Dialogue Interculturel. La commission Culture et Education avait donc invité différents intervenants venant du monde arabe afin qu’ils s’expriment sur les évolutions récentes de l’enseignement supérieur dans le monde arabe puis sur le projet « 1001 inventions », traitant de la contribution du patrimoine arabe dans le monde occidental.
Au sujet de l’enseignement supérieur, Haifa Jamal Al Lail, sociologue et doyenne de l’Université Effat en Arabie Saoudite, a insisté sur l’importance de créer des ponts entre les nations pour mettre fin aux tensions belliqueuses. Ces ponts naissent des échanges d’individus et notamment des jeunes générations, des étudiants et également des professeurs. Ce sont eux qui auront les moyens de faire évoluer la situation des pays arabes. Mohammad Wassel, Secrétaire Général au Conseil de l’Education Supérieure en Syrie, dont le rôle est de coordonner les différentes universités nationales, a indiqué que 15% des étudiants des universités syriennes étaient étrangers (venant principalement d’Irak et de Palestine). Pour éviter les discriminations et toute stigmatisation, l’enseignement universitaire syrien ne comporte aucun enseignement religieux.
Le second échange de vue, toujours dans le cadre de la Semaine arabe du Parlement, a concerné l’étude qui a été menée par deux universitaires de Manchester sur le patrimoine musulman et l’éducation. Cette étude dénonce le vide dans l’enseignement de l’Histoire scientifique en Europe sur la période de 1000 ans qui sépare l’apogée de la civilisation gréco-romaine de la Renaissance. Pourtant, de nombreux savants musulmans de cette période ont influencé les pratiques, parfois quotidiennes, de notre monde moderne. Un des auteurs, Salim Al-Hassani, professeur et président de la Fondation pour les Sciences, la Technologie et la Civilisation, a d’ailleurs rappelé qu’une des premières universités au monde fut fondée au 9ème siècle, à Fès au Maroc, par une femme. Face à ce constat, un programme a été lancé pou combler cette absence d’informations. Ce programme éducatif vise à informer les citoyens des contributions du monde arabe au monde occidental actuel. Il a permis la publication d’ouvrages, la mise en place d’une exposition mobile et d’un site Internet informatif www.1001inventions.com.
La réunion de la Commission parlementaire s’est poursuivie par un échange de vues en préparation d’un rapport sur le dialogue actif avec les citoyens sur l’Europe qui sera présenté lors de la prochaine Commission par Gyula Hegyi (PSE, Hongrie). Celui-ci a fait part des six propositions qu’il souhaitait inscrire dans son rapport pour favoriser le dialogue actif avec les citoyens. Il propose que
- soit créée une Université Libre Européenne
- Euronews soit diffusé dans les 23 langues officielles de l’UE
- soient créés des sites de participation en ligne des citoyens aux débats européens
- une politique d’information soit menée avec les ONG
- tous les élèves européens suivent un cours d’histoire européenne
- un manuel d’histoire européenne soit constitué
Le dernier échange de vues fut consacré à la Jeunesse dans le cadre de la Semaine Européenne de la Jeunesse. L’événement central de cette semaine fut la mise en place de différents groupes de travail sur les enjeux européens affectant la jeunesse. Les conclusions de ces travaux furent présentées aux eurodéputés en mettant en avant trois questions primordiales: le développement du volontariat des jeunes, une simplification du jargon européen et la disparition des barrières à la mobilité des jeunes en Europe et dans les pays tiers. Les parlementaires ont soutenu certaines des propositions qui ont émergé de ces rencontres et la Commission Européenne a également annoncé qu’elle tiendrait compte des résultats dans l’élaboration de sa future proposition d’un cadre pour la coopération des jeunes, ainsi que dans ses futures recommandations sur le volontariat. Le représentant du Forum Européen de la Jeunesse, Jaakko Weuro, a conclu cet échange en insistant sur la nécessité d’envisager la question de la Jeunesse de manière transversale dans toutes les politiques de l’Union. Dans un second temps, suite aux échanges de vues, la Commission parlementaire a adopté trois projets, deux de rapports et un d’avis. Le premier rapport adopté, préparé par Ljudmila Novak (PPE, Slovénie), concernait l’éducation et la formation tout au long de la vie au service de la connaissance, de la créativité et de l’innovation dans la mise en œuvre du programme de travail « Education et formation 2010 ». Le rapport énonce les points à améliorer dans l’éducation et la formation : la qualité de l’enseignement, la mobilité, l’apprentissage tout au long de la vie, l’apprentissage des langues.
Le second rapport, sur la compétence médiatique dans le monde numérique, élaboré par Christa Prets (PSE, Autriche) souligne l’importance de démocratiser l’utilisation d’Internet et de limiter la fracture numérique entre les Etats membres et entre les zones rurales et urbaines, ainsi que d’éduquer tous les citoyens à l’utilisation des médias (élèves, parents, seniors et handicapés).
Quant à l’avis préparé par Ljudmila Novak, sur une place à part pour les enfants dans l’action extérieure de l’UE, il va être transmis à la Commission Développement afin qu’elle l’intègre dans son rapport final.
Ensuite, différents examens de projets d’avis ont eu lieu autour des questions suivantes :
- la participation de la Communauté Européenne à l’Observatoire européen de l’audiovisuel
- la protection des consommateurs, et en particulier des mineurs, en ce qui concerne l’utilisation des jeux vidéos,
- les échanges commerciaux et l’Internet
- la durée de protection du droit d’auteur et de certains droits voisins
S’agissant de l’Observatoire Européen de l’Audiovisuel, le projet de rapport prévoit une hausse de la contribution financière de l’UE à l’Observatoire afin qu’il devienne une plateforme pour le secteur. Concernant la protection des consommateurs, les parlementaires ont souligné l’importance de sensibiliser enfants, parents et enseignants sur les bienfaits et les méfaits de l’utilisation des jeux vidéos et d’harmoniser les critères et normes de classification des jeux au niveau européen. Au sujet des échanges commerciaux internationaux et de l’Internet, la commission Education et Culture appelle la commission du commerce international à reconnaître dans son rapport la spécificité des biens culturels échangés en ligne au niveau mondial. Enfin, sur la question de la durée de protection du droit d’auteur et de certains droits voisins, la Commission parlementaire rendra un avis, en cour de préparation par le député Heaton-Harris (PPE, Royaume-Uni), sur la proposition de la Commission Européenne d’étendre la durée de protection des enregistrements musicaux de 50 à 95 ans.
Enfin, la réunion des eurodéputés s’est achevée par une audition publique intitulée « Une passerelle entre les cultures et les régions européennes. Cinq intervenants ont pris la parole pour exposer chacun un exemple de coopération culturelle au niveau régional (les présentations sont à télécharger ici).
Anton Balazek, maire de Lendava, ville du nord-est de la Slovénie, a présenté la coopération transfrontalière de sa ville avec trois autres villes de Croatie, Hongrie et Autriche. La mise en place de cette coopération s’est faite en deux temps : sessions communes des autorités politiques locales puis participation des organisations de la société civile. Cette coopération transfrontalière a permis le maintien des traditions culturelles et le développement du tourisme culturel dans cette région européenne. La réussite de cette coopération tient, semble-t-il, à l’existence d’un patrimoine culturel commun entre ces différentes régions et de produits touristiques semblables (vins, cures thermales, …) ainsi qu’à la présence dans ces villes d’infrastructures solides capables de soutenir ce projet (par exemple les médias qui ont su relayer l’information sur cette coopération).
Le second intervenant, Gabriel Amer Amer, représente les Iles Baléares à Bruxelles. À travers l’exemple de programmes coopératifs d’intégration des immigrants de cette région, il a insisté sur la nécessité d’instaurer un dialogue permanent entre acteurs politiques, économiques et sociaux des différentes régions qui coopèrent.
La troisième intervention avait pour but de donner un cadre de réflexion autour de la question de la culture dans les coopérations régionales. Katherine Sarikakis, directrice du Centre for International Communications Research de l’université de Leeds, a rappelé que la culture est un outil identitaire qui permet aux régions de se rapprocher et de comprendre le mode de fonctionnement de leurs voisins, et qui joue un rôle indéniable dans le développement social d’un territoire. La coopération culturelle est vecteur de cohésion sociale, d’engagement civique, de citoyenneté ; et, en cela, elle a besoin de soutien financier et politique.
L’intervention suivante présentait un exemple de coopération institutionnalisée : les « Itinéraires culturels ». Les itinéraires sont une initiative du Conseil de l’Europe créée en 1987. Aujourd’hui 24 itinéraires possèdent le label d’itinéraires culturels. Cette dénomination est attribuée à tous les projets de coopération multilatérale autour d’un grand thème européen, qui prévoit différentes actions menées dans plusieurs pays, mobilisant les jeunes, ayant trait au patrimoine européen et permettant la création et/ou le soutien d’un réseau européen. L’impact de ces itinéraires montre à quel point le tourisme culturel est facteur de développement pour les régions concernées. En guise de conclusion, l’intervenant a appelé à un échange de bonnes pratiques entre pays et régions sur le tourisme culturel et à la création d’un Observatoire des politiques régionales en matière de tourisme culturel.
Enfin, des représentants de la Commission Européenne, Anna Athanasopoulo pour la DG EAC et Aldo Torre de la DG REGIO, ont pris la parole pour présenter l’action de la Commission en faveur de la coopération culturelle au niveau local. Dans le domaine de la Culture, l’Agenda Européen pour la Culture souligne l’importance des régions et de leur capacité créatrice, facteur de développement économique et social. Madame Athanasopoulo a d’ailleurs annoncé que la Commission Européenne allait investir la question en 2009 avec, entre autres, la publication d’une étude sur la culture et le développement régional. Elle s’est également référée aux capitales européennes de la culture et de leur forte contribution à la revitalisation de l’économie locale comme l’illustre l’exemple de Lille 2004. L’intervenant de la DG REGIO a mis en avant le fait que dans l’enveloppe budgétaire allouée à cette politique, 6 millions d’euros concernent les projets culturels. La culture est désormais reconnue comme un véritable instrument de développement local en ce qu’elle favorise la cohésion sociale et territoriale. Il a ensuite pris l’exemple de différents programmes communautaires finançant des projets culturels comme HerO (Heritage as Opportunity) mené dans le cadre du programme Urbact II.
Les parlementaires ont vivement réagi et ont, chacun à leur tour, exposé un exemple de coopération dans une région de leur pays natal. Tous se sont montrés convaincus de l’importance de la coopération culturelle au niveau local.
RAPPORTS DE CONFERENCES
De nouvelles voies pour la diffusion du spectacle vivant en EuropeParis, 24-25 novembre 2008 L’Office National de Diffusion Artistique (ONDA) a organisé, sous les auspices de la présidence française de l ‘UE, un colloque ambitieux sur le thème de la mobilité dans le secteur des arts du spectacle. Pendant deux jours et sur base de publications existantes telle que l’étude Mobile.Home Impedements to Mobility Study, les débats ont abordé différents aspects de la question: le point de vue des artistes, le contexte juridique et social, la complémentarité des actions nationales et européennes.
La mobilité et la diffusion artistiques, en Europe et au-delà, est l’une des préoccupations principales du secteur culturel depuis des années. Les obstacles à la mobilité constituent en effet un problème majeur pour tous les artistes et professionnels du secteur désireux d’étudier, d'enseigner, de créer ou de présenter leur travail à l’étranger. Dans une société où la multiplicité des identités influence de plus en plus les processus de création et les choix de vie, et dans un espace européen où la mobilité est plus que jamais une réalité, force est de constater que la mobilité reste un problème, même si le débat semble à présent s’ouvrir à des questions plus qualitatives que pratiques. En plus des traditionnelles questions de visas, de permis de travail et de sécurité sociale – qui sont toujours à l’ordre du jour et loin d’être résolues - plusieurs intervenants, en particulier les artistes et les professionnels, ont demandé que les projets de mobilité durent un peu plus longtemps que le strict "nécessaire" et laissent plus de temps pour les rencontres et les expérimentations – l’idée du "jour de plus" exprimée par Jochen Sandig, directeur de la compagnie Sasha Waltz & Guests de Berlin. D’autres, principalement issus d’Europe de l’Est, ont exprimer le besoin de se réengager dans leurs contextes locaux et nationaux, mais aussi de découvrir leur voisinage immédiat, au lieu de toujours se déplacer vers l’Ouest.
Parmi les autres thèmes abordés lors du colloque, on retrouve notamment le rôle des collectivités territoriales et des gouvernements nationaux dans la promotion de la mobilité, qui doit être développé en parallèle d’une stratégie européenne en matière de mobilité des artistes. Dans une présentation très intéressante, Ann Olaerts, directrice de l’Institut de théâtre flamand de Bruxelles, a plaidé en faveur de politiques culturelles intérieures fortes, qui permettraient non seulement de renforcer la scène artistique locale, mais aussi de constituer la base indispensable à une politique culturelle internationale efficace. Cette action au niveau local et européen en faveur de la mobilité devrait également intégrer de nouvelles problématiques politiques cruciales tel que le développement durable (assurer les besoins de mobilité tout en prenant en compte les préoccupations environnementales) ou la diversité culturelle.
D’autres intervenants ont abordé les dimensions européenne et internationale des programmes de formation artistique – et leur manque de financement en règle générale – ou la légitimité (très controversée lors de cette conférence) des objectifs de la diplomatie culturelle contemporaine.
L’Union européenne a intégré l’objectif de soutien à la mobilité des artistes et des professionnels du secteur culturel à son Agenda européen de la Culture. La Commission européenne a lancé des projets pilotes et commandité des études sur le sujet. Les Etats membres collaborent à ce sujet au sein d’un des groupes de travail de la "Méthode Ouverte de Coordination" qui vise notamment à "…améliorer les réglementations et les processus administratifs en matière de mobilité" et à "renforcer les mécanismes de soutien aux niveaux régional, national et communautaire en faveur de la mobilité". Les engagements politiques existent, certains instruments sont déjà en place et le secteur a formulé de nombreuses recommandations. Comme l’a dit Mary Ann DeVlieg, Secrétaire générale d’IETM, il nous faut maintenant "surveiller de près comment ces recommandations seront mises en œuvre".
"Réformer le budget, changer l’Europe" Bruxelles, 12 novembre 2008 La seconde étape dans le processus de réflexion sur le budget de l'Union européenne a pris la forme d'une conférence publique organisée le 12 novembre dernier à Bruxelles par la DG Budget de la Commission européenne (CE). Cet événement visait à analyser les résultats de la consultation publique en ligne lancée par la Commission en 2007 et d’approfondir le débat afin de préparer la Communication de la CE sur le sujet prévue pour 2009.
En mai 2006, après les négociations très difficiles sur les perspectives financières de l'UE 2007-2013, le Parlement, le Conseil et la Commission avaient décidé d'entreprendre un réexamen complet du budget de l'Union en 2008/2009.
En septembre 2007, la Commission a lancé la première phase de cet exercice : une consultation publique ouverte jusque fin juin 2008 et offrant aux citoyens européens l'occasion de s'exprimer, non seulement sur les priorités budgétaires de l'Union, mais aussi sur les modalités d'application du budget.
Après le "Non" irlandais au Traité de Lisbonne et les incertitudes qui ont suivi quant à l'avenir du projet européen, il semblait évident que le réexamen du budget allait devoir revoir ses ambitions à la baisse, d'autant plus que l'Union allait également devoir affronter une possible instabilité institutionnelle à court terme. Suite à la crise financière et à ses conséquences sur les économies européennes, les perspectives sont aujourd’hui encore plus sombres, a fortiori si l'on considère les défis que doit relever à travers cet exercice, c’est-à-dire améliorer son efficacité et sa pertinence politique, mais aussi permettre aux citoyens de mieux comprendre la composition, le fonctionnement et la gestion de son budget. Alors que l’Union Européenne à budget très limité – à peine plus d'1% du PIB européen – dont 40% sont consacrés à la Politique agricole commune, comment peut-elle garantir la mise en œuvre d'objectifs politiques ambitieux? Comment un budget soumis à plus de 40 corrections (dont la plus célèbre est le rabais britannique) et géré à 80% directement par les Etats membres peut-il garantir la transparence et établir des responsabilités de façon équitable?
Ces questions ne sont pas simples et beaucoup attendent avec impatience la publication de la Communication de la Commission (prévue pour l'année prochaine), qui marquera le début des préparatifs pour le prochain cycle de négociations budgétaires (2014-2020). La Commission va-t-elle formuler des propositions solides et ambitieuses capables de résister aux négociations houleuses entre Etats membres qui suivront certainement? La société civile parviendra-t-elle à faire entendre sa voix pour défendre des valeurs et des objectifs politiques cruciaux comme le développement durable ou la solidarité ?
Lors de la conférence de novembre, la Commissaire en charge de la programmation financière et du budget, Dalia Grybauskaïtė, a présenté les résultats de la consultation analysés par la Commission. Cette analyse et les priorités ainsi identifiées devraient servir de point de départ à l’élaboration de la Communication de la Commission.
Cet exercice complexe de réexamen du budget de l'Union doit être surveillé de près par le secteur culturel, puisqu'il plantera le décor des négociations de la prochaine génération de programmes, et donc des négociations d'une augmentation possible du budget européen consacré à la culture. Culture Action Europe se prépare d'ores et déjà à suivre ce processus politique important et reste à votre disposition pour toute information complémentaire.
Pour lire les discours et présentations de la conférence "Réformer le budget, changer l'Europe", consultez le site du réexamen du budget de l'UE.
SOCIETE CIVILE
Que nous réserve la Commission européenne pour 2009 ? La Commission européenne vient de publier son programme de travail 2009, dans lequel elle présente les principales initiatives stratégiques et priorités pour l'année à venir. Parmi elles figurent notamment la Stratégie de Lisbonne pour la Croissance et l'Emploi, un cadre européen de relance suite à la crise financière et économique actuelle et un train de mesures de réglementation et de contrôle pour les marchés financiers – sans oublier bien sûr des mesures concernant les changements climatiques. Entre autres initiatives intéressantes, la Commission entend publier une communication sur les cinq premières années de l'UE élargie et une déclaration concernant les objectifs déjà atteints par l'UE pour bâtir l'Europe du 21ème siècle. Pour chaque initiative, la Commission européenne a établi une feuille de route qui reprend le contexte, définit la problématique et expose les objectifs des initiatives proposées par l'Union. Pour lire le programme de travail, cliquez ici. Pour lire un document sur les initiatives stratégiques, cliquez ici.
Comment s'impliquer en EuropeUn guide destiné aux particuliers et aux associations Mis au point par la Community Development Foundation, ce guide s'intitule “Get in there!" et vise à impliquer davantage les citoyens dans la prise de décisions au niveau européen. Il est le fruit du projet "My Voice in Europe", dont le but était de susciter un intérêt et d'approfondir le débat sur l'Europe au niveau local. Ce guide met en avant des outils utiles d'accompagnement des acteurs du secteur bénévole désireux d'influencer les politiques européennes. Téléchargez le document .pdf
Registre volontaire de l'Initiative Européenne en matière de TransparencePour inciter le secteur privé à plus de transparence ! En novembre 2005, la Commission européenne avait publié l'Initiative Européenne en matière de Transparence qui avait pour objectif d’ouvrir l'Union européenne au scrutin des citoyens. C'est dans le cadre de cette initiative que la Commission a lancé, l'été dernier, un registre volontaire des représentants de groupes d'intérêt. Certaines organisations de la société civile et de protection de consommateurs ont décidé de s’inscrire dans ce registre, mais en fournissant une information plus détaillée que celle exigée par la Commission.
Le Groupe de Contact de la Société Civile (GCSC) et l’Alliance pour une réglementation de transparence et d’éthique en matière de lobbying (ALTER-EU) ont élaboré une série de lignes directrices destinées aux futurs inscrits. Ce registre vise à clarifier les pratiques utilisées par les lobbys commerciaux ou des entreprises, et n'est pas nécessairement adapté aux besoins des ONG et autres groupes d'intérêt public. Les lignes directrices du GCSC appellent les groupes d'intérêt public à être volontairement transparents sur tous les aspects de leurs activités de lobbying dans l'espoir de pousser le secteur privé à être lui aussi plus transparent.
Cette question a fait l'objet d'un article publié le 31 octobre dans le Financial Times. Lire l'article Pour lire l'article d'ALTER-EU concernant les lignes directrices, cliquez ici.
NOUVELLES DES MEMBRES
IG Kultur Österreich revendique le droit à une bonne gouvernance au sein de l’administration européenne! IG Kultur Österreich, l’organisation qui représente les acteurs culturels indépendants et autonomes autrichiens, soutient actuellement l’action en justice intentée par l’un de ses membres contre la Commission européenne. Cette action porte sur les frais engendrés par les retards de paiement des subventions européennes. Lire la suite
CEATLEtude sur la situation sociale et économique des traducteurs littéraires Le CEATL vient de publier sa première étude sur la situation sociale et économique des traducteurs littéraires en Europe. Principale conclusion : nulle part en Europe, les traducteurs littéraires ne peuvent subsister dans les conditions que leur impose le marché. Problème crucial pour un continent qui se veut multiculturel et multilinguistique. À télécharger depuis le nouveau site du CEATL, www.ceatl.eu
Trans Europe HallesSubvention de l’UE pour le projet de mobilité "CHANGING ROOM" TEH a reçu une subvention dans le cadre du Programme Culture pour son projet de mobilité CHANGING ROOM, un projet de deux ans visant à tester, analyser et évaluer un programme d’échange d’opérateurs culturels au sein du réseau Trans Europe Halles, dans le but d’étendre éventuellement le projet ultérieurement. Trans Europe Halles aura pour partenaire académique dans le cadre de ce projet la Sibelius Academy de Finlande.
Centro Nacional de Cultura Guide interculturel de la ville de Lisbonne Cet guide, disponible uniquement en portugais, nous fait découvrir une ville de plus en plus marquée par la diversité culturelle et ethnique, un fait enthousiasmant vu que l'histoire nous enseigne qu'elle n’a connu une telle diversité que dans ses moments de gloire. Le CNC espère également que ce guide contribuera à améliorer la compréhension mutuelle et la socialisation des citoyens de différentes origines vivant à Lisbonne, deux aspects fondamentaux de l’interculturalisme. Plus d’informations ici.
CIM, CEM et Europa Cantat Séminaire à Pomáz (Hongrie), 27 février – 1er mars 2009 Le séminaire "Reach out, Open Up, Take In - Developing your skills in advocacy, networking and international cooperation" s’adresse aux associations musicales nationales du nord, du centre et du sud-est de l’Europe, d’Albanie à la Slovaquie, en passant par l’Ukraine ou encore l’Estonie. Ce séminaire donnera un aperçu de la marche à suivre pour être reconnu en tant qu'organisme de défense de la culture à l'échelle nationale et pour mettre en œuvre la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle. Plus d’informations bientôt disponibles ici
AECRéunions des Plateformes Musiques anciennes et Pop & Jazz début 2009 L’Association européenne des Conservatoires (AEC) continue de promouvoir la coopération européenne dans le domaine musical en réunissant des experts des musiques anciennes d’une part, et des musiques pop/jazz d’autre part pour deux rencontres prévues début 2009: la Plateforme Musiques anciennes se réunira à Trossingen les 23 et 24 janvier, et la Plateforme Pop & Jazz à Amsterdam les 13 et 14 février. Plus d’informations sur www.aecinfo.org
Opera Europa et Reseo Forum européen de l’Opéra, 17-19 avril 2009, Barcelone Pendant trois jours, des professionnels, artistes et amateurs de l’opéra débattront de la Créativité et de l'Innovation dans l’opéra, en compagnie d'experts tels que Gérard Mortier, Calixto Bieito, George Benjamin et bien d’autres encore. Trois semaines plus tard, le 9 mai, des opéras de toute l’Europe organiseront des événements exceptionnels à l'occasion des Journées européennes de l’Opéra. Plus d’informations sur www.operadays.eu
AEFDeuxième "Atelier européen pour les Jeunes Managers de Festivals", Varna (Bulgarie), du 26 avril au 3 mai 2009 Les jeunes managers de festivals artistiques se réuniront pour une semaine de formation et d’échanges sous la houlette de pionniers tels que Bernard Faivre d’Arcier, Rose Fenton (LIFT, GB), Hugo De Greef (Bruxelles), Nele Hertling (Berlin) et bien d’autres, sous forme de groupes de travail ciblés et de face-à-face. Vous pouvez soumettre votre candidature jusqu’au 31 janvier 2009. Pour plus d’informations, consultez le site de l’Atelier ou écrivez à
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L’EUBO en tournée avec Lars Ulrik Mortensen L’Orchestre Baroque de l’Union Européenne est actuellement en tournée sous la baguette de son directeur musical, Lars Ulrik Mortensen. En tant qu'ambassadeur officiel de l’Union européenne, l’EUBO sera amené à présenter ses deux programmes de concert au Luxembourg, en Suède, en Roumanie et en Angleterre. Plus d’informations sur www.eubo.eu
IETMRéunion plénière d’automne IETM a tenu sa réunion plénière d’automne à Zurich, du 6 au 9 novembre. Plus de 500 représentants du secteur des arts du spectacle venus de 52 pays se sont réunis pour l’occasion. Répartis en panels et en groupes de travail, les participants ont abordé le thème de "l’incompréhension" en tant que terrain potentiellement propice à la créativité. L'événement a également permis à tous les membres d’IETM de découvrir la scène et le réseau artistique suisses en compagnie de leurs collègues. La prochaine réunion IETM aura lieu à Bratislava en avril 2009 et sera consacrée à la Culture et à l’Education.
IAMICRapport de la Conférence annuelle "Change, Change, Change…" Cette année, la conférence annuelle de l’Association internationale des Centres d’Information sur la Musique (IAMIC) était accueillie par le Centre gallois |